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« Ce qu’il se passe au Haut-Karabakh est un crime de génocide »

« Ce qu’il se passe au Haut-Karabakh est un crime de génocide »

Hovhannès Guévorkian, le représentant du Haut-Karabakh en France, alerte sur le sort des 120 000 habitants du territoire.



La Marseillaise : Pourquoi la situation au Haut-Karabakh nous concerne tous?

Hovhannès Guévorkian : Parce qu’il s’agit de la vie de 120 000 êtres humains parmi lesquels 30 000 enfants, affamés depuis 42 jours précisément. L’Azerbaïdjan ferme hermétiquement tout accès au Haut-Karabagh, très rapidement les réserves alimentaires s’épuisent, à un moment donné la famine s’installera. Le manque de carburant fait qu’on ne peut même pas transporter les maigres récoltes.


Considérez vous aussi qu’un génocide est en cours?

H.G. : Lorsqu’on parle de génocide, on a tendance à penser à quelque chose de tellement horrible qu’on ne s’autorise pas de donner ce nom à des événements qui se passent aujourd’hui autour de nous. La définition du crime de génocide est de créer les conditions pour qu’un être humain en fonction de sa couleur, son ethnie ou sareligion s’étouffe, suffoque, n’arrive plus à vivre. C’est ce qu’il se passe. Cette situation est créée parce que nous sommes Arméniens, ethniquement différents des Azerbaïdjanais. Si aucune solution n’est apportée, 120 000 personnes sont condamnées à mort. C’est un crime de génocide.


Quel appel lancez-vous à la communauté internationale ?

H.G. : L’heure est vraiment grave. On compte nos premiers morts indirects, des femmes enceintes qui ont perdu leurs bébés parce qu’elles n’étaient pas assez nourries ou parce qu’elles n’ont pas pu accoucher dans de bonnes conditions, faute de carburant. Ce sont les prémices d’une situation beaucoup plus grave, avec des cas d’autant plus nombreux. Ce qui va se passer dans les prochains jours et semaines est prévisible : sans nourriture, les gens meurent. Il faut cesser de remettre la faute sur les uns ou les autres, chaque pays, chaque chef d’État doit dès aujourd’hui agir pour débloquer l’unique route de Latchine et sauver la vie de ces 120 000 personnes.


 

(c) 2023, La Marseillaise

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