Comment Facebook aurait contribué au génocide des Rohingyas

Malgré lui, Facebook aurait joué un rôle dans le massacre des Rohingyas en 2017. Incapable de modérer les publications haineuses, le réseau social aurait participé à l’aggravation des violences perpétrées par l’armée du Myanmar.

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Amnesty International vient de publier un rapport à charge contre Facebook. L’ONG de défense des droits de l’Homme accuse le réseau social d’avoir joué « un rôle central » dans le massacre des Rohingyas.


L’extermination ethnique visant les Rohingyas, une minorité musulmane, a été décrétée par l’armée du Myanmar (ex-Birmanie) en août 2017. Des centaines de villages ont été rasés par les militaires cette année-là. Plus de 6 700 Rohingyas ont été massacrés. Considérés comme une menace pour la sécurité nationale, ils ont massivement fui le pays pour se rendre au Bangladesh.


Les algorithmes de Facebook attiseraient la haine

D’après Amnesty, les algorithmes de Facebook ont « favorisé de manière proactive la diffusion de messages d’appels à la haine et à la violence ». Plutôt que d’endiguer la profusion de publications haineuses, le réseau social a normalisé la « déshumanisation » des Rohingyas.


L’ONG appuie ses dires sur l’analyse de documents publiés par Frances Haugen, l’ancienne employée Facebook devenue lanceuse d’alerte. L’an dernier, la trentenaire a rendu public des milliers de documents internes appartenant à Meta, maison mère de Facebook. Ces dossiers ont notamment révélé que le groupe est bien conscient du potentiel de nuisance de ses réseaux sociaux.


« Nous avons la preuve, apportée par diverses sources, que les discours de haine, les discours politiques clivants et la désinformation sur Facebook […] nuisent à la société partout dans le monde », peut-on par exemple lire dans les rapports internes de Facebook.


Pour Frances Haugen, Meta ignore sciemment les dégâts de ses plates-formes par appât du gain. Amnesty s’est aussi entretenu avec d’anciens salariés de Facebook, des victimes du génocide ainsi qu’avec des experts, pour mettre au point son rapport.