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Génocide au Rwanda : Fulgence Kayishema en détention provisoire au Cap avant une extradition

Fulgence Kayishema, accusé d'avoir joué un rôle de premier plan dans le massacre de plus de 2 000 Tutsi réfugiés dans une église en 1994, a été placé en détention provisoire, vendredi, au Cap, en Afrique du Sud, deux jours après son arrestation. Il devrait être extradé sans attendre pour être jugé par un tribunal international, à La Haye ou à Arusha, en Tanzanie.


Fulgence Kayishema, soupçonné d'avoir joué un rôle majeur dans le génocide au Rwanda, comparaît devant le tribunal de première instance du Cap, en Afrique du Sud, le 26 mai 2023. © Nardus Engelbrecht, AP

Sa cavale de 22 ans a pris fin. Fulgence Kayishema, soupçonné d'avoir joué un rôle majeur dans le génocide au Rwanda et arrêté cette semaine en Afrique du Sud, a été placé en détention provisoire, vendredi 26 mai, avant une prochaine extradition.

À 62 ans, il était, jusqu'à son arrestation mercredi, l'un des quatre derniers fugitifs recherchés pour leur rôle dans le génocide en 1994 de 800 000 Rwandais en majorité Tutsi par des extrémistes hutus. Il est apparu impassible sur le banc des accusés, un livre de prières à la main.

Interrogé à son entrée à l'audience par un journaliste, il a démenti avoir participé au génocide. "Je n'ai joué aucun rôle", a-t-il dit, dans ce qu'il a qualifié de "guerre civile à l'époque".

Silhouette trapue, chauve, regard rond derrière de fines lunettes, le sexagénaire, encadré par des officiers armés munis de gilets pare-balles, a reconnu être l'homme recherché par la justice internationale. Passé maître dans l'emprunt de fausses identités, selon les enquêteurs, il utilisait dernièrement le nom de Donatien Nibashumba. Un "réseau de soutiens fidèles" Le flou règne encore sur sa cavale mais selon le parquet sud-africain, il a fondé une famille et demandé l'asile dès l'an 2000 puis le statut de réfugié en 2004, toujours sous un nom d'emprunt et en prétendant être burundais.

Finalement démasqué et repéré dans une exploitation agricole à Paarl, à une soixantaine de kilomètres du Cap, il a été interpellé avec l'aide d'Interpol, avaient annoncé, jeudi, les procureurs de l'ONU. "Un message puissant montrant que ceux soupçonnés d'avoir commis de tels crimes ne peuvent échapper à la justice", pour le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.

Fulgence Kayishema était visé par un mandat d'arrêt émis par le Mécanisme international (MICT) chargé depuis 2015 d'achever les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) mis en place par l'ONU après le génocide.

Il aurait bénéficié, pour brouiller les pistes, d'un "réseau de soutiens fidèles", parmi lesquels des membres de sa famille mais aussi des ex-Forces armées rwandaises, selon le MICT. Un procès devant un tribunal international

L'accusé a été placé en détention provisoire dans une prison de haute sécurité au Cap. La question de son extradition n'a pas été abordée lors de sa brève comparution. Selon le ministère de la Justice contacté par l’AFP, il devrait être extradé sans attendre pour être jugé par un tribunal international, à La Haye ou à Arusha en Tanzanie.

Fulgence Kayishema était inspecteur de police judiciaire pendant le génocide au Rwanda et "l'un des fugitifs les plus recherchés au monde pour génocide", selon la justice internationale.

Il a "directement participé à la planification et à l'exécution" du massacre de plus de 2 000 Tutsi réfugiés dans l'église de Nyange, dans la commune de Kivumu (nord-est), "notamment en se procurant et distribuant de l'essence pour incendier l'église avec les réfugiés à l'intérieur", selon les procureurs de l'ONU.

L'ex-fugitif est inculpé par la justice internationale de génocide, complicité de génocide, complot en vue de commettre un génocide et crimes contre l'humanité. Avec AFP


 

(c) 2023, France 24

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