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L'ancien président du Kosovo Hashim Thaçi jugé à La Haye pour crimes de guerre

Hashim Thaçi, ancien président du Kosovo, est jugé à partir de lundi par un tribunal spécial à La Haye, aux Pays-Bas, pour crimes de guerre et contre l'humanité présumés pendant la guerre de 1998-1999, ayant abouti à l'indépendance du pays. Il avait plaidé non coupable en 2020 lors de sa première comparution.


Un ancien chef de la guérilla devant les juges. Le procès de l'ancien président kosovar Hashim Thaçi, accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité perpétrés durant la guerre d'indépendance (1998-1999) contre les forces serbes, s'ouvre lundi 3 avril devant un tribunal spécial à La Haye.


L'ancien président kosovar Hashim Thaci devant le tribunal chargé de juger les crimes de guerre à La Haye, le 9 novembre 2020.© AFP


Hashim Thaçi, 54 ans, ancien guérilléro de l'Armée de libération du Kosovo (UCK), a plaidé non coupable en novembre 2020 lors de sa première comparution devant le tribunal spécial pour le Kosovo (KSC). Il a démissionné de la présidence du Kosovo peu après son inculpation et a été transféré dans un centre de détention à La Haye.


Président kosovar depuis 2016, il avait démissionné après avoir été inculpé par le KSC avec trois autres suspects, jugés à ses côtés. Les quatre hommes sont soupçonnés de près de 100 meurtres, de disparitions forcées, de persécutions et de tortures, des actes qui auraient été commis entre mars 1998 et septembre 1999, principalement à l'encontre de Serbes, de Roms et d'opposants kosovars à la guérilla.

Le procès "offre une chance, après tant d'années, aux victimes d'apprendre ce qui s'est passé", selon Hugh Williamson, directeur de Human Rights Watch pour l'Europe et l'Asie centrale. Il "met également en évidence l'impunité généralisée qui plane toujours sur le conflit du Kosovo", a-t-il ajouté.


Manifestation à Pristina pour soutenir Hashim Thaçi

Au cœur de la vie politique kosovare depuis deux décennies, Hashim Thaçi a constamment proclamé son innocence, accusant la justice internationale de "réécrire l'histoire". Ceci dit, il a promis de "collaborer étroitement avec la justice".


La guerre du Kosovo, opposant forces serbes et guérilla indépendantiste kosovare albanaise, a fait 13 000 morts, des Kosovars albanais pour la plupart. Elle s'est terminée quand une campagne occidentale de frappes aériennes, au printemps 1999, a contraint les forces serbes à se retirer.


Au sortir de la guerre, Hashim Thaçi déposa les armes pour endosser les habits de l'homme politique, ce qui conduisit Joe Biden, alors vice-président des États-Unis, à voir en lui le "George Washington du Kosovo".


Le procès ouvre à 09 h 00 (7 h 00 GMT), avec les déclarations liminaires de l'accusation et des avocats des victimes. Les avocats de la défense prendront la parole à partir de mardi.


Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, dimanche, à Pristina pour soutenir l'ex-président et les anciens rebelles.


Une guerre considérée comme "juste" par une majorité au Kosovo

Trois autres suspects ont été transférés à La Haye à ses côtés : l'ancien porte-parole de l'UCK, Jakup Krasniqi, un des plus proches alliés politiques de Hashim Thaçi, Kadri Veseli, ex-patron du renseignement de la guérilla, ainsi qu'une des figures marquantes de l'UCK, Rexhep Selimi.


Le KSC est une instance de droit kosovar composée de juges internationaux et chargée d'enquêter sur des crimes commis par l'UCK pendant et après le conflit de 1998-1999.


La plupart des habitants du Kosovo, territoire qui a déclaré en 2008 son indépendance, jamais reconnue par la Serbie, considèrent le conflit comme une "guerre juste" contre les forces de Belgrade.


 

(c) 2023, France24



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