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Le Sénat français favorable à la reconnaissance du génocide assyro-chaldéen

Les faits

Les sénateurs Bruno Retailleau et Valérie Boyer ont déposé une proposition de résolution pour que la France reconnaisse le génocide assyro-chaldéen. Elle a été votée au Sénat mercredi 8 février 2023. Entre 1915 et 1918, environ 250 000 syriaques ont été exterminés par l’Empire ottoman, en même temps que les Arméniens.

Des syriaques de Syrie assistent à une cérémonie pour marquer le massacre de la population civile assyrienne à Qamishli, le 15 juin 2020. Les sénateurs Bruno Retailleau et Valérie Boyer ont déposé mercredi 8 février 2023 une proposition de résolution pour que la France reconnaisse le génocide assyro-chaldéen. [Delil Souleiman | AFP]

« Nous devons être clairs sur ce qui s’est passé », assure la sénatrice Les Républicains (LR) Valérie Boyer. Avec son collègue Bruno Retailleau, l’élue a déposé une proposition de résolution au Sénat demandant la reconnaissance du génocide des Assyro-Chaldéens – aussi appelés syriaques – par la France. Après une discussion mercredi 8 février, le texte a été adopté par 300 voix contre deux.


Entre 1915 et 1918, cette minorité chrétienne a été massacrée par l’Empire ottoman, dans les mêmes conditions que les Arméniens. Pour rappel, la France reconnaît le génocide de ces derniers depuis la loi du 29 janvier 2001. « Le texte permet d’échanger sur le principe et de lancer une discussion, témoigne Bruno Retailleau.Trop longtemps, la France est restée silencieuse. »


Comment ce génocide a-t-il été perpétré ?

« En ce qui concerne les syriaques, la notion de génocide est incontestable », contextualise Raymond Kévorkian, historien enseignant à l’Institut français de géopolitique. En 1915, durant la Première Guerre mondiale, l’Empire ottoman a commandité l’extermination de sa population chrétienne. Avec les Arméniens, les Assyro-Chaldéens ont été pris pour cible. Ils vivaient jusque-là principalement dans le sud-est de la Turquie, autour de la montagne sacrée Tur Abdin et de la ville de Mardin.


Un demi-million de syriaques sont alors déportés et martyrisés. Environ 250 000 personnes sont exécutées. « Contrairement aux Arméniens, les Assyro-Chaldéens n’avaient aucun poids politique. Il n’y a pas d’autre prétexte à ce massacre que la question religieuse », analyse Raymond Kévorkian. Il reste désormais seulement quelques milliers de syriaques dans la région.


Pourquoi la question de la reconnaissance se pose-t-elle maintenant ?

En 2007, l’Association internationale des spécialistes a officiellement reconnu le génocide assyro-chaldéen. Plusieurs pays ont suivi : la Suède en 2010, les Pays-Bas et le Vatican en 2015, l’Allemagne en 2016.


La Turquie, elle, refuse de qualifier de « génocide » les massacres arméniens et syriaques. « Face aux déclarations négationnistes du président Erdogan, nous affirmons ici notre soutien à cette population », proclame de son côté Bruno Retailleau.


« Le président Emmanuel Macron est très actif sur le plan mémoriel, souligne Raymond Kévorkian. La création de la commission Duclert (dont l’historien est membre, NDLR),dont le rapport a pointé la responsabilité de l’État français dans le génocide des Tutsis au Rwanda, l’a montré. Nous verrons s’il se positionne cette fois-ci. » La proposition de résolution doit désormais être débattue à l’Assemblée nationale.

 

(c) 2023, La Croix

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