Pourquoi les Turcs refusent-ils de reconnaître le génocide arménien ?

Survenu entre 1915 et 1916, le génocide arménien est l'un des plus horribles que l'Humanité ait connu. Mais, plus d'un siècle après les faits, la Turquie refuse de le reconnaître, et ce pour plusieurs raisons.


[Getty Images]

L’article 2 de la Convention internationale pour la Prévention et la Répression du Crime de génocide définit le génocide comme une destruction intentionnelle de la totalité ou d'une partie d'un groupe d'individus à cause d'une différence (religieuse, politique…). Lors de la Première Guerre mondiale, plus de 1,3 million d'Arméniens ont été déportés et massacrés entre 1915 et 1916. Néanmoins, le pays ne reconnaît pas être responsable de ce génocide. Aujourd'hui encore, le gouvernement nie la vérité même si, depuis 2014, plusieurs Premiers ministres ont présenté des condoléances aux victimes.


Un génocide commis par l'Empire ottoman et non par la Turquie en tant que pays


Les raisons de ce déni sont multiples, mais la première concerne les responsables de ce génocide. Quand il a lieu en 1915, la Turquie telle que nous la connaissons n'existe pas encore. Elle ne verra le jour qu'en 1923. C'est l'Empire ottoman, et plus précisément le parti Union et Progrès (un parti nationaliste), qui a massacré des millions d'Arméniens. L'objectif était de créer un nouveau pays qui intégrait de nouvelles populations, mais surtout qui devait éliminer les minorités chrétiennes encore présentes sur le territoire. L'autre raison est que le Gouvernement truc exige toujours plus de preuves visant à démontrer la responsabilité du pays dans ce génocide. Si certaines personnes haut placées dans le pays reconnaissent le génocide, elles ne peuvent exprimer leur opinion sous peine de censure ou de peine de prison.


Quels sont les pays qui ont reconnu le génocide arménien ?


Si la Turquie ne veut pas reconnaître le génocide arménien, de nombreux pays à travers le monde l'ont fait. Le premier pays à l'avoir reconnu officiellement est l'Uruguay à la date du 20 avril 1965. Par la suite, d'autres pays ont suivi son exemple comme le Canada, la Russie, une grande partie des pays d'Amérique du Sud ou encore l'Union européenne. Ce denier fait d'ailleurs toujours débat. Si le Parlement européen a bien reconnu le génocide en avril 1987, elle a invité la Turquie à faire de même en 2005 quand le pays souhaitait intégrer l'Union européenne. La Turquie est toujours candidate, mais tant qu'elle ne reconnaîtra pas le génocide, elle sera toujours refusée, car cette condition est requise pour valider son dossier. Toutefois, si l'Union européenne le reconnaît, ce n'est pas le cas de tous les pays qui s'y trouvent.